Pourquoi nous continuerons à dialoguer avec Michel Onfray, Marcel Gauchet, Eugénie Bastié, Natacha Polony et les autres !



Collaborateur d’Éléments et rédacteur en chef de Krisis, Thibault Isabel vient de faire paraître Proudhon, l'anarchie sans le désordre, aux éditions Autrement. Il répond amicalement mais fermement à l’injonction à la pureté médiatique. Un vibrant coup de gueule contre la politique du hérisson.

On voit se multiplier dans les milieux alternatifs une course au purisme anti-médias. Tous ceux qui se compromettent à la télévision ou à la radio sont moqués pour leur collaboration avec le Système, même s’ils se montrent résolument hostiles au mondialisme néolibéral. Natacha Polony est ainsi accusée d’aimer les paillettes, Marcel Gauchet passe pour un universitaire trop prudent et l’on taxe parfois Eugénie Bastié de garder sa langue dans sa poche depuis qu’elle est entrée au Figaro. Mais la palme de l’intellectuel médiatique le plus critiqué revient à Michel Onfray, à qui Rémi Lélian vient d’ailleurs de consacrer un pamphlet chez Pierre-Guillaume de Roux, La raison du vide. Notons au moins que tous ces auteurs ont accepté d’écrire dans Éléments au cours des derniers mois, ce qui dénote malgré tout une certaine liberté de ton. D’aucuns regrettent pourtant que de tels rapprochements soient possibles, y compris parmi les détracteurs les plus virulents de la bonne pensée dominante.

Solidariser les esprits rebelles 

Étrange attitude ! Il faudrait donc ostraciser tous ceux qui jouent le jeu des médias, exactement comme les médias ostracisent tous ceux qui refusent de montrer patte blanche. C’est oublier que, sans la voix de ces intellectuels « antisystème » au cœur du système, les marges idéologiques du débat public n’auraient presque plus aucune visibilité. On a le droit de ne pas aimer tel ou tel, et même de contester ses idées. Mais pourquoi repousser les bonnes volontés, d’où qu’elles viennent ? Si Onfray et quelques autres n’étaient pas là, il n’y aurait plus guère de pensée critique audible. On connaît la formule de Péguy : « Kant a les mains pures, mais il n’a pas de mains. » À force de se retrancher dans leur tour d’ivoire, nos puristes d’un nouveau genre pourraient finir par parler totalement dans le vide.

Il ne manque pas de bonnes âmes pour reprocher à Onfray, et à Éléments par la même occasion, d’assumer des positions fort peu catholiques, et pour tout dire païennes. Admettons. Mais ces petites guerres de religion, qu’on croyait évanouies, méritent-elles vraiment d’être réactivées aujourd’hui ? Ne peut-on défendre les options morales et religieuses qu’on croit justes tout en débattant ensemble des grandes questions politiques contemporaines, et en menant ponctuellement des combats partagés ? Pourquoi diable les opposants à la mondialisation devraient-ils sans cesse se diviser, alors qu’ils sont déjà bien en peine de peser sur les débats ?

Il semble donc que le purisme de droite réponde naïvement au purisme de gauche, jusqu’à rendre les uns et les autres aveugles à leurs points de convergence. Il ne sert à rien de dénoncer les intellectuels « antisystème » supposés trop complaisants à l’égard des médias, alors que nous avons plutôt besoin de solidariser les esprits rebelles, dans le respect des différences qui les divisent autant que des principes qui les rassemblent.
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La situation est d’autant plus grave que l’épuration des médias semble s’être récemment accélérée. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les têtes tombent les unes après les autres. Les journalistes « antisystème » ne pèseront bientôt plus rien : l’émission de Frédéric Taddei est interrompue ; Natacha Polony est simultanément virée d’Europe 1 et de Paris Première, Jean-Paul Brighelli du Point. À qui le tour ? Le fossé entre mondialistes et protectionnistes ne se creuse pas seulement d’un point de vue sociologique, mais aussi intellectuel. Deux France coexistent, et cohabitent de plus en plus difficilement.


L’heure est aux alliances

Les mondialistes entendent s’approprier l’intégralité de l’espace médiatique disponible, d’autant qu’ils jouissent des faveurs du pouvoir – sans compter qu’une poignée de milliardaires se trouvent désormais à la tête de la quasi-totalité du parc journalistique hexagonal. Face à eux, les intellectuels « antisystème » risquent d’être renvoyés à la marge. Mais cela signifie également que les marges s’élargiront bientôt, en les accueillant. Une recomposition est en train de s’opérer. Personne n’y perdra son âme. Chacun conservera ses spécificités. Il y aura encore du sens à être de gauche ou de droite, fédéraliste ou républicain, écologiste ou productiviste, païen ou chrétien. En revanche, notre ennemi principal sera de plus en plus clairement désigné. L’ennemi, comme le souligne Jean-Claude Michéa, c’est le grand capital mondialisé, la finance aveugle et la dérégulation des flux. Un axe souverainiste pluriel commence à se dessiner sur cette base. De nouvelles alternatives sont sur le point d’émerger.

Ces idées communes trouveront un large écho auprès d’une population qui reste dans sa majorité réfractaire à la politique du CAC40. L’embellie macronienne ne peut tromper personne. Le peuple est désemparé, il ne sait plus vers qui se tourner. Nombre de citoyens cherchent tout simplement une voie crédible pour rendre leur colère constructive. Dès lors, des médias alternatifs parviendront à se mettre en place, comme c’est déjà le cas avec les webTV. L’arme des non-conformistes du XXIe siècle sera le réseau ; et il nous faudra être plus solidaires que jamais pour que la subversion y gagne du terrain. De cette capacité d’entente et de dialogue dépendra notre efficacité à tous. Divisés, nous sombrerons dans le silence ; rassemblés, nous serons entendus. Le purisme, durant les décennies qui viennent, sera le pire obstacle à la liberté. Nous ne devrons par conséquent ni nous trahir nous-mêmes, ni nous recroqueviller comme des hérissons. L’heure est aux alliances.

Thibault Isabel
Source : blog Eléments

Natacha Polony parle du livre de Thibault Isabel sur Proudhon



Natacha Polony parle du livre de Thibault Isabel sur Proudhon
Cliquez ici pour visionner le début de la vidéo


«Quiconque essaye aujourd’hui de remettre en cause les dogmes néolibéraux se voit systématiquement renvoyé à un schéma d’opposition entre libéralisme et communisme. Il n’y a rien nous dit-on entre le monde actuel, c’est-à-dire le libre-échange absolu, et l’Union soviétique, c’est-à-dire le collectivisme. On retrouve là le pendant du vieux binôme «ouverture-fermeture». Sauf qu’il devient du coup intéressant d’aller chercher du côté des figures du socialisme non marxiste, c’est-à-dire de ceux qui portent une alternative véritable. Et c’est pour cette raison que le livre de Thibault Isabel (qui est philosophe et historien des civilisations, rédacteur en chef de la revue Krisis) est très intéressant. Il s’agit d’une biographie en forme de réflexion autour de la pensée de Pierre-JosephProudhon, L’anarchie sans le désordre, ouvrage préfacé d’ailleurs par Michel Onfray, qui se réfère lui-même à Proudhon depuis longtemps. Thibault Isabel défend l’idée d’une démocratie fédérale que Proudhon appelait « anarchie » et qui n’a rien à voir avec l’absence de régulation ou la loi de la jungle. En fait, Proudhon s’appuie sur des individus autonomes. Il se tient du côté des communes plutôt que de l’État jacobin, c’est-à-dire le contraire de ce marxisme ultracentralisé qui va lui faire concurrence. Voilà pourquoi Proudhon a été systématiquement caricaturé par Marx et ses disciples. Il ressort de tout cela une réflexion profondément actuelle. Par exemple sur la critique du libre-échange, sur le protectionnisme, sur la différence entre l’anarchisme proudhonien et le libertarisme des utopistes américains de la Silicon Valley, sur l’enracinement dans la terre et le lien à l’environnement, développements absolument passionnants qu’on ne soupçonnerait pas, et qu’on trouve pourtant ancrés dans la réflexion de Proudhon. N’oublions pas non plus les développements sur l’économie mutuelliste, c’est-à-dire tout ce qui peut recréer et ressouder les liens de solidarité entre les ouvriers. C’est là un véritable programme politique, en fait, qui démontre que le fameux TINA («There is no alternative») brandi par Margaret Thatcher en son temps, et brandi aujourd’hui par les néolibéraux, ne tient pas une seconde!»

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Natacha Polony recommande cette semaine Pierre-Joseph Proudhon, l'Anarchie sans le désordre, paru aux éditions Autrement, un ouvrage de Thibault Isabel.





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L’anarchisme comme alternative pour échapper aux vieilles lunes


Edouard Chanot  - Sputnik News

La France bouillonne aujourd’hui, politiquement et intellectuellement. Les institutions semblent acquises à Emmanuel Macron… serait-ce une incitation à l’anarchisme?

Demain, chers auditeurs, sera-t-il anarchiste ? Je m'explique… Emmanuel Macron, élu par défaut, s'impose maintenant, un mois plus tard, dans les esprits. Il devrait remporter haut la main les législatives, et compter sur une majorité absolue, sans même d'ailleurs compter les défections tout aussi probables chez Les Républicains.
Pierre-Joseph Proudhon Thibault Isabel éditions Autrement
Les institutions politiques, médiatiques aussi, seront donc, presque sans exception, En Marche… Alors à partir de là, où trouverons-nous une opposition ? C'est ce contexte étrange qui pourrait servir une idéologie jusque-là marginale mais qui pourrait bien faire de nouveau parler d'elle.
En tout cas, notre invité du jour plaide pour un renouveau anarchiste, et plus précisément pour le renouveau d'une pensée anarchiste, peut-être la plus connue de tous bien qu'elle soit retombée dans l'oubli, celle de Pierre-Joseph Proudhon. Thibault Isabel est le Rédacteur en chef de la revue Krisis, et vient de publier chez l'essai Pierre-Joseph Proudhon, l'anarchie sans le désordre, essai d'ailleurs préfacé par Michel Onfray (Autrement, 2017).


Extraits :
« Nous nous retrouvons aujourd'hui face à un néolibéralisme omnipotent, sans alternative véritable pour s'y opposer. Il n'y a pas d'alternative vivante aujourd'hui. Nous oublions qu'avant la domination de Marx, c'est Proudhon qui était la figure de proue des intellectuels contestataires, en France, en Europe, dans le monde. En revenir à Proudhon, c'est redécouvrir une manière de s'opposer au libéralisme qui n'est ni socialisme ni communisme. »
Anarchistes et conservateurs
« Il faut savoir que le terme libertaire a été créé dans une polémique contre Proudhon. [On] reprochait à Proudhon d'être trop conservateur. L'anarchisme à l' origine était une doctrine profondément imprégnée de conservatisme. Ce dernier à l'époque défendait des idées très proches de l'anarchisme. On pourrait presque dire que c'étaient les deux pôles d'une même famille de pensée, un peu comme on dirait aujourd'hui que la social-démocratie et le communisme appartenaient à une même famille, avec certains plus radicaux que d'autres (…) Proudhon était sans doute plus révolutionnaire que ne l'était Tocqueville mais très honnêtement leur idéologie, sur le fond, était exactement la même… »
Ni Etat ni marché
« Nous sommes confrontés à un certain nombre de crises, crise de l'état par celle de la dette, et on assiste aussi à une crise du capitalisme. Dans ce contexte-là, la vie quotidienne des Français va se dégrader au fil des années si nous ne mettons pas en place des alternatives. Le système des mutuelles et des associations de Proudhon peut nous guider. (…) Proudhon considérait qu'il y avait deux manières de perdre sa liberté : on pouvait perdre sa liberté à cause d'une bureaucratie étatique centralisée et quasi dictatoriale, et au plan économique, quand on voit se développer de très grandes entreprises. Celles-ci mettent en place une bureaucratie identique à celle des grands Etats centralisés. Proudhon pensait qu'il fallait rejeter le grand Etat et le grand capital au nom du petit Etat et du petit capital. »
Les vieilles lunes
« Quand on sort des sentiers battus, on est attaqué. C'est dommage, nous avons besoin de rénover notre logiciel si nous voulons adapter la pensée politique alternative aux réalités de notre temps, et Proudhon peut nous y aider. »

Pierre-Joseph Proudhon éditions Autrement
Pierre-Joseph Proudhon. L'anarchie sans le désordre. Editions Autrement. En vente sur Krisis Diffusion




Pierre-Joseph Proudhon.Thibault Isabel, Michel Onfray, éditions autrementLe philosophe historien retrace la pensée politique de Pierre-Joseph Proudhon, anticapitaliste déterminé prônant une forme de démocratie libérale qu'il nomme anarchie.


  • Titre : Pierre-Joseph Proudhon. L'anarchie sans le désordre
  • Préface : Michel Onfray
  • Format : Broché
  • EAN 13 : 9782746745452
  • ISBN : 978-2-7467-4545-2
  • Éditeur : Autrement
  • Collection : Unversités populaires & Cie
  • Nombre de pages : 208
  • Dimensions : 20 x 12 cm
  • Date de parution : 31 mai 2017
  • Prix public : 18,50 euros


Ouvrage disponible sur Krisis Diffusion et Eléments
Dédicace possible : à demander ici


La nébuleuse antilibérale a été dominée tout au long du XXe siècle par l’idéologie communiste. On oublie pourtant que Pierre-Joseph Proudhon fut autrefois la tête de proue des milieux contestataires, lorsque Karl Marx était encore considéré comme un philosophe marginal. 

Bien que farouchement opposé au capitalisme, Proudhon refusait le sectarisme doctrinal et la dictature prolétarienne. Il prônait une forme de démocratie fédérale qu’il nommait « anarchie », afin de rendre le pouvoir au peuple et d’abolir le salariat. Fier de ses origines provinciales, il voulait restaurer l’autonomie des communes contre l’État jacobin. Épris de justice, il voulait mettre un terme au règne de la finance et de la grande industrie. 

Presque trente après la chute du mur de Berlin, sa pensée retrouve une seconde jeunesse ; en pleine vague de mondialisation néolibérale, elle dessine de nouvelles alternatives pour demain. 


"Formidable introduction à la pensée, à l’homme et à l’héritage intellectuel d’un philosophe pas comme les autres" Editions Autrement


Pierre-Joseph Proudhon Isabel Onfray Autrement



Thibault Isabel - Michel Onfray : Proudhon, l'anarchie sans le désordre : vidéo de la conférence colloque Proudhon


Thibault Isabel Proudhon,l'anarchie sans le désordre







Michel Onfray, Thibault Isabel Proudhon,l'anarchie sans le désordre

Une contribution vidéo de Michel Onfray dans le cadre du colloque "Proudhon - l'anarchie sans le désordre" qui s'est tenu à Paris le 20 mai 2017 à l'occasion de la sortie du livre de Thibault Isabel.

A regarder ci-dessous.







Michel Onfray, Thibault Isabel Proudhon, l'anarchie sans le désordre
Michel Onfray sur Proudhon : extrait vidéo issu de la chaîne MichelOnfray.com



"Formidable introduction à la pensée, à l’homme et à l’héritage intellectuel d’un philosophe pas comme les autres" Editions Autrement


Pierre-Joseph Proudhon Isabel Onfray Autrement





Pierre-Joseph Proudhon.Thibault Isabel, Michel Onfray, éditions autrementLe philosophe historien retrace la pensée politique de Pierre-Joseph Proudhon, anticapitaliste déterminé prônant une forme de démocratie libérale qu'il nomme anarchie.


Titre : Pierre-Joseph Proudhon. L'anarchie sans le désordre
Préface : Michel Onfray
Format : Broché
EAN 13 : 9782746745452
ISBN : 978-2-7467-4545-2
Éditeur : Autrement
Collection : Unversités populaires & Cie
Nombre de pages : 208
Dimensions : 20 x 12 cm
Date de parution : 31 mai 2017
Prix public : 18,50 euros


Ouvrage disponible sur Krisis Diffusion et Eléments
Dédicace possible : à demander ici




La nébuleuse antilibérale a été dominée tout au long du XXe siècle par l’idéologie communiste. On oublie pourtant que Pierre-Joseph Proudhon fut autrefois la tête de proue des milieux contestataires, lorsque Karl Marx était encore considéré comme un philosophe marginal. 

Bien que farouchement opposé au capitalisme, Proudhon refusait le sectarisme doctrinal et la dictature prolétarienne. Il prônait une forme de démocratie fédérale qu’il nommait « anarchie », afin de rendre le pouvoir au peuple et d’abolir le salariat. Fier de ses origines provinciales, il voulait restaurer l’autonomie des communes contre l’État jacobin. Épris de justice, il voulait mettre un terme au règne de la finance et de la grande industrie. 

Presque trente après la chute du mur de Berlin, sa pensée retrouve une seconde jeunesse ; en pleine vague de mondialisation néolibérale, elle dessine de nouvelles alternatives pour demain. 



 Pierre-Joseph Proudhon




 A lire dans revue Éléments n°166 




Pierre-Joseph Proudhon Isabel Onfray Autrement Eléments




Pierre-Joseph Proudhon Isabel Onfray Autrement Eléments




Pierre-Joseph Proudhon Isabel Onfray Autrement Eléments





Pierre-Joseph Proudhon, l'anarchie sas le désordre (préfacé par Michel Onfray)
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Proudhon, Isabel, de Benoist, Onfray




À l’occasion de la sortie du livre de Thibault Isabel, Pierre-Joseph Proudhon. L’anarchie sans le désordre (préfacé par Michel Onfray), les revues Éléments et Krisis organisaient un grand colloque le samedi 20 mai à l’espace Moncassin de Paris, de 14h à 18h. Avec Alain de Benoist, Chantal Gaillard, Marc Halevy, Marc Humbert, Thibault Isabel, Michel Onfray, Roger Sue.


Krisis 47 : Paganisme ?



Comment peut-on être païen ? Cette question ne manquera pas d’étonner dans une Europe très largement christianisée, où l’adoration des dieux ne signifie plus rien et semble renvoyer à un tissu primitif de superstitions. Si l’on sondait l’opinion, gageons que nos contemporains ne verraient dans la résurgence du paganisme qu’un épiphénomène dérisoire et incompréhensible. Les mystères du Christ et de la Trinité suscitent déjà les moqueries de bien des athées, et la fréquentation des Églises subit une chute sans précédent. Pourquoi diable irait-on s’éprendre de divinités d’un autre âge ? Et pourquoi se donnerait-on la peine de prendre au sérieux les religions de l’Antiquité ?

La littérature universitaire souffre d’une méconnaissance profonde de ce courant cultuel. Nous ne comprenons même plus que des peuples civilisés aient pu prier Zeus, Athéna ou Apollon. Pendant des siècles, l’étude des religions anciennes est restée cantonnée à l’exégèse critique formulée par les historiens chrétiens, avant de passer entre les mains d’universitaires laïques qui, en dehors de quelques exceptions notables, n’ont jamais réellement cherché à saisir leur sujet de l’intérieur. L’heure est donc plus que jamais venue de reprendre avec honnêteté le déchiffrement de la théologie païenne.


paganisme Krisis 47Entretien avec Marc Halévy / Les sagesses anciennes et leurs héritiers.
Jean-François Gautier / La théogonie d’Hésiode.
Thibault Isabel / Est-il donc si absurde d’adorer des dieux?
Entretien avec Michel Maffesoli / Catholicisme et paganisme.
Diane Rivière / Le patrimoine païen au fond de l’âme postmoderne.
Philippe Forget / La Fortune, divinité de l’Occident.
Alain de Benoist  / Le massacre des Saxons païens de Verden.
Baptiste Rappin / Du paganisme à la philosophie ou la dimension chtonienne de la raison.
Falk Van Gaver / Une religion de la nature ?
Jean-François Gautier / Damascios et le néoplatonisme païen.
Entretien avec Françoise Bonardel / Un dieu à venir?
Alain Gras / La gnose, une pensée de tous les temps.
Jean Guiart / Les missionnaires occidentaux face au «paganisme» dans le Pacifique sud.
Károly Kerényi / Le texte : L’esprit de la fête dans les religions antiques (1940). 
Prix de vente : 24 euros sur Krisis Diffusion

Vers un anarchisme conservateur ?

L’Institut Kairos vous donne rendez-vous le 9 juin à 19h15 pour une conférence autour de Thibault Isabel sur Pierre-Joseph Proudhon, au 49, rue du Ranelagh, 75016 Paris.


Vers un anarchisme conservateur ?


Nous vous serions reconnaissants de nous prévenir de votre venue sur le site de l'Institut Kairos :
A
Vers un anarchisme conservateur ?
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Reportage TV Libertés sur le colloque Proudhon


Pierre-Joseph Proudhon, l'anarchie sans désordre de Thibault Isabel, préfacé par Michel Onfray paraîtra le 31 mai aux Editions Autrement. Accédez ici à l'extrait du reportage.


Isabel Onfray Proudhon
Isabel Proudhon





Extrait du JT TV Libertés -  lundi 22 mai



Le plus d'Eléments - 22 mai 2017

Eléments se décline désormais en version audiovisuelle, grâce à cette nouvelle émission sur TV Libertés: Le Plus d'Eléments. Ci-dessous le tout premier épisode (durée 30 minutes).


"Depuis les années 1960, face aux menaces nucléaires, technologiques, climatiques et au malaise croissant que suscite la société de consommation, les problèmes écologiques de la préservation de la nature ainsi que de la survie, de la liberté et de la dignité de l'espèce humaine ont pris de plus en plus d'importance, faisant même émerger une nouvelle forme de projet politique, l'écologisme. Ces problèmes et leurs solutions impliquent de profonds changements institutionnels, mais aussi une modification radicale des comportements individuels et des modes de vie, c'est-à-dire de l'éthique et de la spiritualité. Le christianisme ne pouvait pas de fait y être indifférent. 
Si, dès le XIXe siècle, de grandes voix chrétiennes se sont élevées contre la société industrielle et sa logique de déshumanisation, depuis près de quarante ans, des théologiens, des philosophes, des scientifiques et même des mystiques orthodoxes, catholiques et protestants élaborent des projets écologistes spécifiquement chrétiens, réinterprétant la Bible et la tradition, réformant la liturgie ou proposant un mode de vie plus simple, plus sain et plus respectueux de la création. 
Ce livre expose, de manière synthétique, quelques-uns des plus importants courants de ce qu'il faut désormais appeler l'écologisme chrétien, au sein du protestantisme et du catholicisme, aux États-Unis comme en France. Il défend aussi l'idée que le christianisme peut permettre à l'écologisme de se ressourcer, d'être plus cohérent dans sa défense de la dignité humaine."



Le plus d'Eléments Isabel ProudhonLe plus d'Eléments Isabel Proudhon





















Le plus d'Eléments Isabel Proudhonle Plus d'Eléments : Nouvelle Emission sur TV Libertés Le plus d'Eléments Isabel Proudhon






Depuis plusieurs mois, la revue Eléments a fait sa mue pour devenir un incontournable et influent magazine des idées. TV Libertés vous propose de partir à la découverte des personnalités qui fabriquent cette revue et d’aborder le thème de la revue pour juin et juillet 2017: "Les insoumises contre la pensée unique".

"Elles ont entre 25 et 40 ans. Elles viennent d’horizons divers, de la gauche, de la droite et d’ailleurs. Elles dessinent les contours d’un courant de pensée encore informelle, mais assument un anti-progressisme décomplexé. Elles ont pour nom Bérénice Levet, Natacha Polony, Solange Bied-Charreton et Ingrid Riocreux. Les journalistes d’Eléments évoquent ce conservatisme au féminin et partagent, sur un ton résolument décalé, leurs coups de cœur mais aussi leurs coups de griffe."


En dernière partie d'émission, l'invité du Plus: Thibault Isabel, pour son livre Pierre-Joseph Proudhon, l'anarchie sans le désordre (préfacé par Michel Onfray) à paraître le 31 mai aux éditions Autrement.







Revue éléments n°166 est en kiosque et sur le stand du colloque Proudhon ce samedi 20/05Vous pourrez notamment y lire l'entretien que j'ai accordé sur "le retour de Proudhon" et mon article "Michel Onfray, lecteur de Proudhon"

sommaire du numéro d'Eléments
Des insoumises contre la pensée unique

L’élection présidentielle de 2017 s’est déroulée dans un climat lamentable de part en part et s’est achevée sur un face-à-face calamiteux. Au second tour, un candidat et une candidate s’affrontaient. Le premier a été élu par défaut, par des gens qui ne voulaient pas de lui, mais voulaient encore moins de son adversaire (le « barragisme », nouvelle dénomination du « vote utile »). Aucun enjeu civilisationnel n’a été abordé. Et pourtant, ce scrutin revêt un caractère historique.


Aucun des deux grands partis qui ont en alternance gouverné la France depuis près d’un demi-siècle n’a pu accéder au second tour. En France comme ailleurs, la vieille classe politique est discréditée, ce qui laisse prévoir une recomposition générale du paysage politique dans un climat plus ou moins convulsif qui débouchera sans doute sur des regroupements inédits. 



Les anciens grands partis éliminés au premier tour étaient aussi ceux qui étaient porteurs du clivage gauche-droite – ce qui leur permettait de mener alternativement la même politique – et aussi ceux qui étaient identifiés comme ses représentants. À l’inverse, les deux finalistes avaient comme point commun de ne pas se définir par rapport à lui et de ne pas voir dans le couple gauche-droite l’alpha et l’oméga de la politique. Ils étaient en ce sens le miroir l’un de l’autre. L’un opposait les « conservateurs » aux « progressistes », l’autre les « patriotes » aux « mondialistes », mais c’était la même chose. Conçu à l’intention des classes moyennes, qui sont en train de s’effacer, le clivage gauche-droite constituait un axe horizontal qui est aujourd’hui remplacé par un axe vertical. Il réapparaîtra peut-être à l’avenir, mais ce sera avec un autre contenu. 



Cette élection a également fait réapparaître un clivage de classe que certains croyaient disparu. « Le clivage de classes aura rarement été aussi net », observe Régis Debray. D’un côté, les hauts et très hauts revenus, les élites appartenant à la Caste, les cadres supérieurs et la grande bourgeoisie, les « auto-entrepreneurs » et les bobos, de l’autre les revenus bas ou modestes, les chômeurs, les ouvriers et les agriculteurs, les couches inférieures des classes moyennes, tous ceux qui ne vivent plus là où se créent les emplois et s’accumule la richesse. D’un côté, les habitants des grandes métropoles, de l’autre la « France périphérique » des villes moyennes, des zones péri-urbaines désindustrialisées et des communes rurales. D’un côté, les « planétaires », tenants d’une France open space « ouverte sur le monde », la main sur le portefeuille quand ils chantent l’hymne national, de l’autre un peuple désireux de perpétuer son patrimoine immatériel, de conserver sa sociabilité propre et de rester souverain sur les conditions de sa reproduction sociale. Les gagnants et les perdants de la mondialisation. Le « parti de demain » et le parti de toujours. Les « people » et le peuple.



Grâce à cette élection, la classe dominante reconstitue son unité politique contre « ceux d’en bas », derrière les marcheurs du marché, followers et majorettes, menés par un enfant-roi télévangéliste dépourvu d’affects, mais impatient d’instaurer définitivement la société liquide dont rêve la communauté financière qui l’a adoubé. 



La France n’est pas seulement divisée, fragmentée, coupée en deux. Elle se compose d’individus et de groupes sociaux qui ne vivent pas la même réalité, qui ne voient pas les mêmes choses, qui ne respirent pas le même air et ne parlent pas le même langage. La France d’en haut et la France d’en bas sont devenues également étrangères au « vivre ensemble ». Elles ne vivent même plus côte-à-côte. Elles vivent face à face. Le rôle normal du politique est de produire du commun, d’organiser un espace commun. Mais le politique a oublié sa vocation naturelle. Plus on parle de « société inclusive », plus la fragmentation progresse. 



Le seul mérite de cette situation est d’éclaircir les fronts. On sait mieux désormais qui se fait face : les libéraux et les antilibéraux. On sait aussi que la misère sociale, la frustration, la défiance et la colère sont là et qu’elles vont encore s’étendre. Un feu s’est allumé, prêt à enflammer la plaine. Quelque chose bout dans la marmite. Toute la question est de savoir quand elle explosera. Et qui profitera de l’explosion.
Au sommaire du N°166 d'Eléments

Dossier : le conservatisme au féminin

• Rencontre avec Bérénice Levet
• Les insoumises : En marche !
• Entretien avec Eugénie Bastié, Solange Bied-Charreton, Natacha Polony et Ingrid Riocreux
• Marcela Iacub, pour le meilleur et pour le pire
• Interview de Marion Maréchal-Le Pen : « gagner avant tout le combat culturel »

Et aussi...
• Emmanuel Macron, uber-président
• La droite buissonnière
• L’AfD ou les spécificités du populisme allemand
• On a retrouvé les Indo-Européens
• Entretien avec Thibault Isabel : le retour de Proudhon
• Michel Onfray, lecteur de Proudhon

• Jean-François Davy, un vrai cinéma populiste
• Vladimir Dimitrijevic, le feu sacré du verbe
• Georges Hyvernaud, l’ivrogne et l’emmerdeur
• Ce que penser veut dire, le dernier livre d'Alain de Benoist
• Dernières rencontres avec Armand Gatti
• Matthew B. Crawford, le philosophe et les motos...

6.90 euros