Retour sur la question du paganisme


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Libre Journal des lycéens du 15 juillet 2017 : “Rencontre avec une cinéaste libre, solaire et inspiré ; Retour sur la question du paganisme”

Par Pascal Lassalle | 15 juillet 2017 | Libre Journal des lycéens | Mots clés :  .  .  .  . 
Pascal Lassalle recevait Cheyenne-Marie Carron, réalisatrice, scénariste, productrice, Thibault Isabel, philosophe, historien des civilisations, rédacteur en chef de la revue Krisis. Thèmes : “Rencontre avec une cinéaste libre, solaire et inspirée ; Retour sur la question du paganisme”.


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Entretien avec Thibault Isabel, responsable des éditions KRISIS - Enquête sur l’édition française : «Sans pensée vivante, toute civilisation finit par mourir»,

L'Action Française 2000 se penche sur l'état de l'édition en France. Lit-on encore ? Publie-t-on trop ? L'édition électronique a-t-elle un avenir ? Panorama d'une culture en profonde transformation, avec des témoignages d'éditeurs, dans toute leur diversité. Entretien avec Thibault Isabel, responsable des éditions Krisis. 

L’Action Française 2000
 se penche sur l’état de l’édition en France. Lit-on encore ? Publie-t-on trop ? L’édition électronique a-t-elle un avenir ? Panorama d’une culture en profonde transformation, avec des témoignages d’éditeurs, dans toute leur diversité. Entretien avec Thibault Isabel, responsable des éditions Krisis.
Comment définir votre métier et la vocation des éditions Krisis ?
éditions Krisis, en vente sur Krisis Diffusion
Le métier d’éditeur a beaucoup changé, avec le développement de grands groupes d’édition et la mise au premier plan de critères de rentabilité. Nombre de petits éditeurs s’organisent donc, souvent sur une base associative, pour combler les vides laissés par l’édition classique. C’est à cette logique de l’édition indépendante que nous nous rangeons, avec les éditions Krisis, qui publient la revue du même nom, ainsi que des livres de philosophie, de politique et de littérature. Nous publions à la fois des auteurs contemporains, comme Charles Robin ou Xavier Eman, et des rééditions de grands classiques oubliés, comme Les Titans et les Dieux de Friedrich Georg Jünger. Les éditions Krisis sont une petite structure, et nous ne pouvons pas éditer tout ce que nous voudrions, malheureusement. Nous mettons en tout cas l’accent sur les livres de qualité, négligés par la pensée dominante, qui permettent de remettre en cause les clivages habituels et sortent des sentiers battus. Le but d’un éditeur devrait être de privilégier la qualité de ce qu’il publie plutôt que son potentiel commercial. N’oublions pas qu’il y a en France (et partout dans le monde) une crise de la littérature de sciences humaines, liée à la dévalorisation générale de l’écrit et du savoir. Les ventes d’ouvrages de ce genre sont en chute libre, depuis les années 1980, et ont pris un tour abyssal ces dernières années. C’est pourquoi de moins en moins d’éditeurs en publient, et, lorsqu’ils le font malgré tout, privilégient des manuels, des dictionnaires ou des ouvrages de référence plutôt que des livres d’auteur développant une pensée originale, ce qui est toujours plus risqué. Cela conduit, à mon avis, à une crise de civilisation dont nous ne nous relèverons peut-être pas, collectivement. Le public doit prendre conscience du fait que, sans pensée vivante, toute civilisation finit par mourir.
Pourtant, chaque année, les médias nous annoncent-il pas qu’il n’y a jamais autant de livres publiés ?
C’est vrai. Cela s’explique par une baisse importante des coûts de fabrication. Désormais, grâce à l’impression numérique, il ne coûte plus très cher de faire paraître un ouvrage. D’où une explosion des chiffres de production et une multiplication des petits éditeurs. Mais cette richesse et cette diversité du monde de l’édition ne sont qu’un leurre, sur un plan qualitatif. Les livres d’idées se vendent de moins en moins bien, surtout si l’on fait abstraction des manuels, qui, dans le domaine des sciences sociales, gonflent artificiellement les ventes. Il y a trente ans, on vendait en moyenne cinq mille exemplaires d’un livre de sciences sociales. Aujourd’hui, on en vend trois cents. Donc, si l’on multiplie le nombre de titres édités, c’est d’abord pour limiter les risques commerciaux et rentabiliser en diversifiant la production. Même dans les médias, il n’y a plus guère d’émissions d’idées de qualité. La télévision a vu ces dernières années une multiplication exponentielle des chaînes, mais toutes diffusent les mêmes programmes insipides, stéréotypés. Elles se sont rabattues sur du divertissement ou de l’information en continu. Plus la quantité croît, plus la qualité baisse, là aussi. L’approche quantitative est donc un cache-misère qui dissimule la réalité. Je suis pessimiste. Le temps où un éditeur était un homme passionné de philosophie ou de littérature, l’époque où il montait une maison d’édition afin d’assouvir son goût pour la culture, tout cela est révolu. La majeure partie des maisons d’édition sont aujourd’hui possédées par de grands groupes, qui ont une vision purement économique du métier. Ils veulent de la rentabilité à court terme et s’adaptent donc aux demandes du public le plus large. Ils ne veulent pas proposer des contenus originaux, mais garantir le succès avec des recettes assurées.
Les éditeurs les plus exigeants sont-ils condamnés à produire à perte ? Le développement des livres numériques serait-il une solution le cas échéant ?
S’il y a autant de petits éditeurs, c’est précisément parce qu’ils ne produisent plus à perte. Comme la production numérique est très bon marché, il ne coûte plus grand chose de produire des livres, et les éditeurs associatifs arrivent à avoir des comptes équilibrés. Ce qui leur coûte réellement, ce sont les frais d’envois. Il reste peu de libraires indépendants, et la vente à distance est le moyen principal de diffusion. Or, la Poste augmente chaque année les frais d’envois des colis. Les petits éditeurs vont avoir de plus en plus de mal à garder des comptes équilibrés et, lorsqu’ils disparaîtront, ils ne pourront plus compenser la production médiocre des grands groupes d’édition, en lançant avec courage de jeunes auteurs pleins d’avenir. Grâce à l’édition de livres numériques, cependant, nous allons sans doute assister à une démocratisation considérable du monde éditorial. Les éditeurs diffuseront directement via l’internet. Il se produira alors dans l’édition un phénomène comparable à celui qui s’est déjà produit dans la musique. La grande édition sera de moins en moins rentable, car elle sera plus massivement concurrencée par les médias alternatifs. N’importe qui ou presque pourra diffuser un livre et le commercialiser sans être inféodé aux circuits de distribution contrôlés par les poids lourds du secteur. C’est la face positive des choses, de mon point de vue. Mais il y a aussi un côté négatif : on ne lit pas un livre numérique de la même façon qu’un livre papier. Plus on diffuse les livres par le numérique, plus on encourage le zapping. La profusion est une richesse, mais elle implique aussi une forme d’éparpillement. Être et Temps de Martin Heidegger ne trouverait plus aujourd’hui son public. Les gens ne sont plus habitués à des livres d’un tel volume, qui nécessitent une lecture attentive et suivie. Les nouvelles modalités de lecture favorisées par l’internet entretiennent selon moi le déclin de la production intellectuelle dans ce qu’elle a de plus exigeant.
La diversité des publications va-t-elle aussi ébranler un peu la puissance des mandarins universitaires ?
En termes de production de livres, oui, indéniablement. Tout travail universitaire pourra éventuellement être publié. Mais il ne suffit pas d’être publié : encore faut-il trouver son public. Or, la profusion, là encore, va avoir un effet d’éparpillement. Le meilleur livre du monde passera inaperçu au milieu de la masse des livres médiocres qui seront présentés. Le pouvoir des médias restera central pour le grand public, et le pouvoir des mandarins restera central également dans le monde universitaire : ce sont eux qui opéreront la sélection entre le bon grain et l’ivraie, ou ce qu’ils perçoivent comme tel. Même si l’internet permet une visibilité accrue de sensibilités autrefois marginalisées, il n’empêche donc pas l’ostracisme.
Quel est votre plus grande réussite dans le domaine éditorial ? Quel est l’auteur le plus injustement méconnu que vous ayez édité ?
éditions Krisis, en vente sur Krisis Diffusion
Je ne pourrai pas isoler une réussite en particulier. C’est au contraire la constance de l’action éditoriale qui est méritoire, sur la durée. La structure éditoriale dont je m’occupe actuellement (Krisis) a existé sous des formes diverses depuis près de cinquante ans. Toujours dans les marges, mais toujours influente malgré tout, et toujours présente. Je suis très fier d’en être l’un des continuateurs, l’un des héritiers. Quant à l’adjectif “méconnu”, il ne saurait s’appliquer à Alain de Benoist, mais il est en tout cas l’auteur le plus injustement déconsidéré que nous ayons édité. C’est un homme de très grand talent, qui a longtemps été boudé par la grande édition. Mais les choses commencent à changer, fort heureusement, car la mauvaise réputation qu’on accolait par le passé à Alain de Benoist était profondément ignoble. Il publie maintenant aux éditions de Fallois, chez Pierre-Guillaume de Roux, au Rocher, etc. Le public semble de plus en plus favorable aux pensées alternatives. Au moment où Eric Zemmour caracole en tête des ventes d’essais, les gens comprendraient d’autant plus mal qu’Alain de Benoist soit encore ostracisé. Mais n’oublions pas que, si les possibilités d’expression médiatique sont plus grandes, le traitement médiatique des auteurs sulfureux reste quant à lui partial et orienté. Certains intellectuels iconoclastes passent certes beaucoup de temps dans les médias, comme Zemmour, Onfray ou Finkielkraut. Mais ils sont attaqués sans cesse ! Les lignes bougeront réellement lorsque ce ne sera plus le cas et qu’il sera possible, en France, de proposer des alternatives au libéralo-centrisme dominant.
Est-ce que l’avenir de l’intelligence ne repose pas en partie sur une internationale des éditeurs et réseaux intellectuels en Europe ?
C’est important et, très franchement, notre mouvance a particulièrement bien réussi dans ce domaine. Alain de Benoist mobilise un vaste réseau européen, et c’est d’ailleurs en Italie qu’il a le plus grand succès. Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un large réseau de contacts, que ce soit en Italie, en Espagne, en Belgique, en Allemagne, et même partout dans le monde. Nous avons des correspondants à l’étranger, et nous y connaissons des éditeurs, qui suivent tout ce que nous faisons. Ce sont ces éditeurs étrangers qui traduisent une bonne partie des livres que nous publions en France et assurent notre influence internationale très large. Se développer à l’échelle européenne présente deux intérêts. Le premier est de dépasser les conflits idéologiques franco-français. Secondement, l’élargissement de l’influence intellectuelle permet de traiter certaines questions à l’échelle globale. Nous devons tous constituer un réseau international pour avoir du poids à l’échelle de la société, face à des problématiques elles-mêmes de plus en plus globales : mondialisation, crise écologique, développement de la finance, etc. Car c’est à une authentique crise de la civilisation européenne que nous sommes en train d’assister. Notre peuple ne peut pas se développer sans un rapport au livre qui soit fondé sur l’exigence. Sans rigueur dans la lecture et dans la pensée, la culture se dégrade. L’approche consumériste du livre condamne le peuple français, européen et occidental à une attitude grégaire. C’est l’intelligence qui préserve de la docilité. On n’a pas d’idées rebelles sans avoir tout simplement des idées. Le nivellement de la culture aboutit à un nivellement de l’esprit critique et de l’intelligence. Le philosophe et historien Jacob Burckhardt a déjà développé depuis longtemps cette thèse de la mort de la civilisation en constatant que les moyens de communication modernes allaient certes permettre une diffusion de la culture, mais aussi une commercialisation de la pensée. Je suis convaincu qu’il s’agit du principal défi à relever, et le monde de l’édition y joue un rôle crucial. Aujourd’hui, ce défi ne peut être relevé que de manière associative. Dans un monde où l’argent occupe une place aussi importante, nous devons sortir du culte de la marchandise. Nous devons faire le pari de l’intelligence pour que l’homme soit de nouveau structuré par la culture, plutôt qu’abêti par les médias.


Proudhon: l'ordre sans le pouvoir

Pierre-Joseph Proudhon / autrement



Pierre-Joseph Proudhon Autrement Histoire politique
En vente sur Amazon
L'Anarchie sans le désordre...

Dans la collection : Universités populaires & Cie.

Par, Thibaut Isabel, né à Roubaix, en 1978, philosophe et historien des civilisations, rédacteur en chef de la revue de sciences humaines, Krisis, depuis 2003.

Avec une préface du désormais incontournable, et parfois trop bavard, Michel Onfray, inventeur de l'université populaire de Caen. 

Voici une lecture que je recommande à tous ceux qui veulent aujourd'hui se mêler de politique, et particulièrement, aux amis de Jean-Luc Mélenchon, et, à toutes les victimes des promesses mégalomaniaques de Manu Macron. Surtout, ne vous dites pas : Proudhon, c'est casse-tête ! Vous allez découvrir une immense quantité d'informations nécessaires, comme le fait que Karl Marx détestait Proudhon, et qu'il lui fit la guerre autant que possible. Vous allez me dire, mais l'Anarchie... Au XIXe siècle, on ne cultivait pas le désordre, donc l'anarchie n'est pas synonyme de désordre de «rejet du pouvoir», comme l'indique son étymologie grecque. L'anarchie, selon une formule célèbre de Proudhon, c'est donc «l'ordre sans le pouvoir». Un idéal ! Vous serez surpris, à chaque page, par la pensée de Proudhon. Il considérait que la bonté humaine n'était qu'une chimère. Il croyait qu'il fallait gérer les vices et les vertus de notre espèce. Quelle lucidité ! Il s'attacha à la définition des concepts de propriété et de concurrence. Il déclarait : «La concurrence, dans son expression supérieure, est l'engrenage au moyen duquel, les travailleurs se servent réciproquement d'excitation et de soutien.» Proudhon s'opposa légitimement aux Monopoles qui sont décrits de nos jours, comme l'ultime progrès économique. Quelle blague ! Proudhon écrivait déjà : «Les monopoles les plus puissants n'étaient pas assez concurrentiels pour revêtir un caractère international et la concurrence étrangère constituait une menace pour leur développement. Aujourd'hui, la taille de ces monopoles a grandi et, devenus de véritables ogres, ils veulent se lancer à la conquête des marchés extérieurs, mais on voit bien que l'établissement des barrières douanières répond en certains cas à des impératifs capitalistes.» Proudhon était contre les douanes : «Les douanes n'ont, de toute façon, pas vocation à protéger les intérêts d'un pays contre un autre, en empêchant certaines importations qui seraient pourtant utiles à la population, au nom des bénéfices du patronat local.» Il est indispensable de relire Proudhon, ennemi définitif de la dictature du prolétariat espérée par Marx et les marxistes, comme Lénine, Staline et Mao. Proudhon fut franc-maçon, ceci ne l'empêchait pas de penser, et d'écrire: «Je pense à Dieu depuis que j'existe, et ne reconnais à personne plus qu'à moi le droit d'en parler.» Mes compliments vont à Thibault Isabel. Quelle ouverture d'esprit ! Le cadeau le plus intelligent du moment !

Broché. 176 p. Format : 20,5 x 13 cm. 18,50€

En el nombre del pueblo. La hora del populismo

El populismo es socializante

El gran mérito de Alain de Benoist (aunque precedido por su adelantado discípulo Thibault Isabel) es también, como hemos señalado, recordarnos que el actual populismo se inscribe en la continuidad de una larga tradición de movimientos populares que, si bien con formas e ideologías diferentes, pertenecían todos ellos a la misma idea de revuelta: revuelta contra la industrialización capitalista, el individualismo liberal, la mercantilización de las relaciones humanas, la tecnocracia, la financiarización del mundo, el inmoralismo de las élites, la destrucción de las tradiciones y de los valores populares. Revuelta que encontramos también en los “canuts” franceses y en los “luddits” ingleses; en los movimientos populistas rurales rusos (narodniki, de narod, pueblo) y en los “grangers” norteamericanos de finales del siglo XIX, igual que en el sindicalismo revolucionario italo-francés; en el “llamamiento al pueblo” del bonapartismo, del boulangismo o del gaullismo (del que Marine Le Pen y Jean-Luc Mélenchon no son sino sus continuadores), como en los movimientos populistas hispanoamericanos del siglo XX (cardenismo en México, peronismo en Argentina, chavismo bolivariano en Venezuela, castrismo en Cuba, etc.).
Y tantas otras corrientes que podríamos, con Jean-Claude Michéa, reagrupar bajo la etiqueta de “socialista” –no del socialismo marxista-leninista, ni tampoco de la izquierda actual, sino el de Robert Owen y Pierre Leroux– que fundamenta en oposición al individualismo alienante de la modernidad, ya sea aquel anarquista, de Proudhon a Bakunin, o revolucionario y libertario, de Georges Sorel a Edouard Berth; ese socialismo que Marx calificaba de “utópico” en “La ideología alemana” porque estaba comprometido tanto con la emancipación de los hombres como con la conservación de las condiciones de vida comunitaria tradicionales que constituyen su necesaria base. Un socialismo de los orígenes desde entonces olvidado, pero del que podemos encontrar su espíritu en intelectuales como Péguy, Chesterton, Gramsci, Orwell, Camus, Pasolini, Mauss, Lasch, Clouscard, Baudrillard, Castoriadis y Debord, pero también, más actualmente, en Latouche, Sapir, Michéa y Caillé… Un socialismo fundado sobre la dignidad del pueblo y del “hombre ordinario” que todavía podemos encontrar en la sensibilidad de artistas como Jacques London, Georges Brassens, Léo Mallet o Ken Loach…
Un socialismo que, de alguna manera, encuentre sus profundas raíces en la tradición antigua, particularmente viva en autores como Proudhon, Sorel o el joven Marx. Una tradición que incluso se podría calificar, más generalmente, de “pagana” y que englobaría, no solamente la antigüedad grecolatina, sino también las culturas orientales (hinduistas, budistas, taoistas). Todos aquellos pensamientos que, como ha demostrado en tantas ocasiones Alain de Benoist, comparten un mismo proyecto de dimensión trascendente por oposición a los dualismos platónico y judeocristiano que los suplantaron en Occidente. La ideología liberal moderna, a la cual se opone radicalmente el populismo, se inscribe en la herencia de este pensamiento dualista, del que ella toma, bajo una forma profana, sus grandes principios: la creencia en un “bien” universal y absoluto (los “derechos humanos” juegan hoy el papel de las “tablas de la ley” bíblicas), el elitismo oligárquico y el desprecio del pueblo (sólo una pequeña élite de filósofos, profetas y teólogos tienen acceso a ese conocimiento metafísico), pero también el mito de la “ilimitación” (la “fe” no puede estar limitada por las restricciones de la “materia”, del mismo modo que el “progreso” no puede conocer ningún limite material o ecológico), o incluso la incapacidad para pensar dialécticamente el equilibrio del individuo y la comunidad (el individuo estaría solo frente al Mercado como lo está ante el Dios único).. Es por ello que Benoist denuncia el “esquema maniqueo” de una modernidad modelada por el “dualismo cristiano y cartesiano” (y, por tanto, platónico) que ha perdido de vista el “viejo principio de identidad y complementariedad de los contrarios” –equilibrio de los heraclitianos antagonismos que permiten especialmente pensar la “eterna dialéctica de lo uno y de lo múltiple, de lo universal y de lo particular” sin la cual es imposible conciliar armoniosamente el individuo y la comunidad.
El populismo podría, por tanto, testimoniar el regreso a la superficie de un viejo fondo antropológico pagano que ha permanecido vivo en el seno del pueblo pese al triunfo del cristianismo, la modernidad y los derechos humanos. Encontramos, en efecto, en el populismo, bajo la pluma de Alain de Benoist, buen número de facetas prestadas del paganismo, comenzando por el sentido del límite y del honor (la desmesura era la fuente principal de indignidad entre los antiguos griegos), el no-dualismo y el equilibrio de los antagonismos (que permite, en particular, superar las individualidades en la comunidad sin por ello renegar de las identidades particulares), o incluso la relatividad de los valores que surgen del pueblo a lo largo de la historia (es decir, el reconocimiento del pueblo y de sus tradiciones como fundamentos de la moral y de la política, en cada momento). Habría, por tanto, una dimensión universal e intemporal en esta aspiración popular a la dignidad y a la autonomía –aspiración que ciertamente puede criticarse o lamentarse por las formas políticas en las que hoy se manifiesta, a falta de otros medios, pero de la que no puede negarse la legitimidad y la necesidad en un mundo moderno que está condenado a su perdición.
El populismo, porque escapa a todos los análisis binarios y dualistas, permanece ampliamente incomprendido por la élite dirigente y mediática actual. Aspira, en efecto y al mismo tiempo, a menos democracia representativa y menos política liberal, y a más democracia y más política en el sentido antiguo de participación en la adopción de las decisiones colectivas, a una forma de progreso social que renuncia a las aspiraciones emancipatorias de la modernidad, conjuntamente con un conservatismo societal alineado con la preservación de los “fundamentos antropológicos” comunes que constituyen su base indispensable. El populismo es de naturaleza política, cultural, económica, antropológica y ecológica. Es un movimiento de fondo que reclama un nuevo Ágora donde tomar la palabra.


Autores: Alain de Benoist, Marco Tarchi, José Javier Esparza, Luis María Bandieri, Olivier Marchand, Paul Masquelier, Thibault Isabel, Jesús Sebastián Lorente, Louis Dupuin, Michel Lhomme y Vincent Coussedière.
Editorial: Fides, Tarragona, 2017.

En el nombre del pueblo. La hora del populismo

Biblioteca Metapolitika, Nº 18
1ª edición, Tarragona, 2017
21×15 cm, 235 páginas
Cubierta a todo color, con solapas y plastificada brillo. Rústica cosido.

 

PVP: 20 euros

Orientaciones:
 
«Origen popular, defensa de derechos concretos de los desfavorecidos.
Simultáneamente, oposición al concepto de lucha de clases, oposición también al poder
oligárquico, sea político o económico, con especial hostilidad hacia el mundo de la gran
banca y la gran industria. Desconfianza hacia las intromisiones del Estado en la vida
económica privada pero, al mismo tiempo, tendencia a desarrollar formas de dirigismo
estatal en grandes sectores de producción. Desprecio patente hacia los rituales de
negociación y transacción de la vida parlamentaria liberal. Estos son algunos de los
rasgos característicos de los populismos».
 
José Javier Esparza
 
Índice:
 
La causa del pueblo, de Alain de Benoist / 9
El populismo y la ciencia política, de Marco Tarchi / 21
El populismo como concepto, de Guy Hermet / 49 
La herejía populista, de José Javier Esparza / 71
¿Dónde está el pueblo?, de Luis María Bandieri / 89 
Por una verdadera alternativa popular, de Paul Masquelier / 105
El momento populista, de Alain de Benoist / 125
Pensar el populismo, de Pierre Ronsanvallon / 153
La síntesis populista, de Thibault Isabel / 163
Elogio del populismo, de Vincent Coussedière / 173
Democracia y demagogia, populismo y republicanismo, de Michel Lhomme / 185
El pueblo del populismo, de Olivier Marchand / 199
Defensa de los populismos, de Louis Dupuin / 21
La transversalidad antimoderna y antiliberal del populismo, de Jesús Sebastián Lorente / 223
 
Pedidos:
edicionesfides@yahoo.es





La causa del pueblo, en la era liberal de las masas

LA CAUSA DEL PUEBLOLa causa del pueblo, en la era liberal de las masas, Thibault Isabel.
Biblioteca Metapolitika, Nº 9
1ª edición, Tarragona, 2016
21×15 cms., 230 págs.
Cubierta a todo color, con solapas y plastificada brillo. Rústica cosido

PVP: 20 euros

 
Orientaciones:
Las civilizaciones antiguas no tenían miedo de la violencia, si entendemos por ello la expresión de nuestros impulsos violentos de una manera espiritual y controlada. En la época moderna, sin embargo, la civilización trata simplemente de erradicar toda violencia a través del reforzamiento de una moral rígida y del totalitarismo del pensamiento: es por eso que vivimos en una sociedad cada vez más aséptica, condenada al conformismo, al higienismo y a la hipocresía. Hemos perdido toda franqueza en las relaciones humanas; ya no tenemos el gusto por la lucha y la camaradería, del combate por nuestras convicciones, del idealismo político, en suma; estamos resignados.
Thibault Isabel



Índice
Presentación
Thibault Isabel: un “anarco-conservador, Jesús Sebastian Lorente / 9
Primera parte
El individuo en la era liberal de las masas
El malestar contemporáneo / 17
Autoridad, educación y autonomía / 45
La necesidad de amar y odiar / 65
¿podemos vivir sin marcas? / 83
Segunda parte
Progresismo y catastrofismo
La idea del progreso. Un rápido panorama histórico / 97
Una tipología de las críticas del progreso / 121
Un populismo contra el progreso / 125
Tercera parte
Perspectivas políticas
Por una alternativa popular / 157
Revuelta de masas y revuelta de élites / 183
Los hombres y la ciudad: una aproximación psicológica / 193

Pedidos:
 edicionesfides@yahoo.es

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