ENTRETIENS AVEC DES HOMMES REMARQUABLES, Editions Alexipharmaque



Recueil d'entretiens réalisés par le Cercle Curiosa, avec Luc-Olivier d'Algange, Christian Bouchet, Klaus Charnier, Francis Cousin, Alexandre Douguine, Michel Drac, Arnaud Guyot-Jeannin, Thibaut Isabel et Laurent James. L'ouvrage est préfacé par Alain de Benoist.

PRESENTATION VIDEO DE L'OUVRAGE: 
Notre époque, que certains qualifieront de postmoderne souffre d'un cruel manque d'attention. Ère vaporeuse et spectaculaire, stroboscopique, aliénée et aliénante, ou tout s'entrechoque dans un chaos d'images, de concepts, d'identités et de croyances. Afin de s'adapter à cette frénésie, l'Homo Occidentalis horizontalise son rapport au monde pour mieux le saisir, il s'aplatit devant l'horizon, entraînant avec lui le reste de l'humanité. Parce qu'il s'inscrit lui aussi dans son époque, ce présent ouvrage ne propose pas de solution de redressement mais un kaléidoscope d'idées nouvelles, ou parfois anciennes, en tous les cas d'autres regards. Le Cercle Curiosa se veut avant tout un des multiples représentants de cette très ancienne tradition Européenne qu'est la pensée critique. Il propose de donner la parole à ceux que l'époque oublie, sciemment ou non.Les participants à ce recueil d'entretiens explorent bien des domaines ; ils sont des politiques, des mystiques, des philosophes, et avant tout des poètes. Á travers leurs styles particuliers, ils manifestent une volonté commune de réenchanter le monde et renouent avec l'ancienne lumière de l'Être qui s'est perdue. C'est en cela qu'ils sont remarquables.


Article "Pensée rebelle" paru dans Eléments n°147



Alain de Benoist parle d'Entretiens avec des hommes remarquables:
"Toute époque a son idéologie dominante, mais toute idéologie dominante a aussi ses dissidents. En voici neuf, à qui les jeunes éditions Alexipharmaque ont eu la bonne idée de donner la parole. Ce qui les distingue est au moins aussi important que ce qui les rapproche. Ils ont une commune aversion pour une société peuplée d'"esclaves à qui l'on donne des loisirs" (Thibault Isabel), où "tout ce qui est touché par l'argent est intérieurement subverti" (Alexandre Douguine), bref une société qui représente l'"apothéose démocratique du spectacle du fétichisme marchand" (Francis Cousin). 


Mais le contre-univers qu'ils lui opposent revêt chez chacun d'eux des couleurs bien différentes. Les uns ont la nostalgie du Roi, les autres rêvent de l'Empire. Certains se réfèrent à Marx, d'autres à Proudhon ou à René Guénon. Le détachement de l'Anarque côtoie l'appel à la révolution prolétarienne. Recours à la métaphysique et rejet de la métaphysique, projets politiques et refus de la politique, on trouvera tout cela dans ces pages. Mais c'est précisément ce qui en fait l'intérêt. On voit par là qu'il n'y a pas de conformisme de l'anticonformisme, du moins chez ceux qui s'expriment dans cet ouvrage. Aux noms déjà cités s'ajoutent ceux de Luc-Olivier d'Algange, Christian Bouchet, Michel Drac, Laurent James, Arnaud Guyot-Jeannin et Klaus Charnier. Dans le silence assourdissant de la société du non-sens, ce sont autant de voix solitaires qu'il ne faut pas seulement entendre, mais aussi écouter. Que l'on se sente ou non d'accord avec elles, est de peu d'importance. Cela rassure déjà de se dire qu'on peut encore penser à contre-courant."




Entretien avec Phil François, Président du Cercle Curiosa : «L’Occident broyé par le turbo-capitalisme…».
Entretien réalisé par Nicolas Gauthier et publié sur Boulevard Voltaire.






Dans un monde fait de cycles de plus en plus courts, accélération de l’histoire oblige, le Cercle Curiosa a tenté de défricher quelques pistes d’avenir dans un ouvrage collectif au titre en forme de clin d’œil au philosophe Georges Gurdjieff, Entretiens avec des Hommes remarquables . Phil François, président du cercle en question, fait le point sur cette initiative hors du commun.





L’ouvrage collectif est un genre littéraire périlleux. Vos interlocuteurs s’accordent à dire que le monde va mal, mais ils divergent dès lors qu’il faudrait savoir comment il pourrait aller mieux…
En effet, tous les participants à Entretiens avec des hommes remarquables s’accordent sur l’aspect néfaste du postmodernisme qui se déploie à travers cette nouvelle anthropologie qu’est le turbo-capitalisme. Critique toujours radicale – et non pas « extrême » – et salvatrice, en ce sens que cette radicalité permet de saisir l’égale radicalité de l’objet critiqué. Les solutions proposées divergent, certes ! Marxiste, mystique, impérial ou nihiliste, chaque participant propose des outils pour réparer cette négation du monde se dessinant sous nos yeux, de plus en plus difficile à saisir, tant il semble s’autonomiser des hommes, et contre eux. Mais, comme le note Alain de Benoist, avant les réponses, il faut des questions. Le Cercle Curiosa, en tant que petit groupe de réflexion, se permet encore un moment d’expectative… il en a tant d’autres à poser !



Le titre, Entretiens avec des Hommes remarquables , fait évidemment référence à Georges Gurdjieff, surtout lorsque vos auteurs entendent « réenchanter le monde ». Est-ce le seul fil conducteur de cet ouvrage fabriqué à plusieurs mains ?

Eh bien, n’en déplaise à monsieur Maffesoli, nous n’avons guère l’impression que la postmodernité réenchante le monde ! Via la logique de l’utilitarisme total auquel obéit la nouvelle économie globale, nous assistons en fait à un dessèchement du monde dans ce qu’il a de multiple, d’enraciné. En allant chercher dans la tradition, la religiosité et même la critique marxiste, les auteurs émettent, chacun à leur manière, des idées nouvelles où l’homme retrouve sa place. En somme, ce réenchantement se fera (et nous parions que les intervenants seront d’accord) par une réconciliation entre volonté et mesure. Réenchanter, c’est-à-dire décoloniser l’imaginaire des représentations marchandes, pour que les peuples réapprennent la grâce et se débarrassent de rapports de nécessité toujours plus obsolètes et superficiels. Parce qu’ils n’ont pas oublié que les hommes regardent aussi vers le ciel, ces auteurs semblent s’être donné cette mission. Et c’est déjà bien assez !



Pensez-vous qu’un autre monde puisse être meilleur ou, au contraire, que le pire soit toujours certain ?

À notre humble avis, l’avenir reste ouvert. Les possibilités de l’Occident s’épuisent et il faudra se réinventer, se re-mythifier, retrouver les buts de notre présence au monde. Nous vivons certainement la fin d’un grand cycle historique. Mais la fin d’un cycle en préfigurant un nouveau, c’est certainement en ce sens qu’il faut comprendre les différentes eschatologies… Les apocalypses ne sont-elles pas des révélations ? Ce qu’il nous faut, à nous les hommes d’ici et maintenant, c’est veiller sur cette fameuse flamme de l’être que décrivait Jean Parvulesco dans ses ouvrages. Et puis nous vivons ! Et que faire d’autre que de vivre, c’est-à-dire d’espérer, de se questionner, de se battre et d’aimer malgré tout l’ici-bas avant de partir de l’autre côté ?