Le plus d'Eléments - 22 mai 2017

Eléments se décline désormais en version audiovisuelle, grâce à cette nouvelle émission sur TV Libertés: Le Plus d'Eléments. Ci-dessous le tout premier épisode (durée 30 minutes).


"Depuis les années 1960, face aux menaces nucléaires, technologiques, climatiques et au malaise croissant que suscite la société de consommation, les problèmes écologiques de la préservation de la nature ainsi que de la survie, de la liberté et de la dignité de l'espèce humaine ont pris de plus en plus d'importance, faisant même émerger une nouvelle forme de projet politique, l'écologisme. Ces problèmes et leurs solutions impliquent de profonds changements institutionnels, mais aussi une modification radicale des comportements individuels et des modes de vie, c'est-à-dire de l'éthique et de la spiritualité. Le christianisme ne pouvait pas de fait y être indifférent. 
Si, dès le XIXe siècle, de grandes voix chrétiennes se sont élevées contre la société industrielle et sa logique de déshumanisation, depuis près de quarante ans, des théologiens, des philosophes, des scientifiques et même des mystiques orthodoxes, catholiques et protestants élaborent des projets écologistes spécifiquement chrétiens, réinterprétant la Bible et la tradition, réformant la liturgie ou proposant un mode de vie plus simple, plus sain et plus respectueux de la création. 
Ce livre expose, de manière synthétique, quelques-uns des plus importants courants de ce qu'il faut désormais appeler l'écologisme chrétien, au sein du protestantisme et du catholicisme, aux États-Unis comme en France. Il défend aussi l'idée que le christianisme peut permettre à l'écologisme de se ressourcer, d'être plus cohérent dans sa défense de la dignité humaine."



Le plus d'Eléments Isabel ProudhonLe plus d'Eléments Isabel Proudhon





















Le plus d'Eléments Isabel Proudhonle Plus d'Eléments : Nouvelle Emission sur TV Libertés Le plus d'Eléments Isabel Proudhon






Depuis plusieurs mois, la revue Eléments a fait sa mue pour devenir un incontournable et influent magazine des idées. TV Libertés vous propose de partir à la découverte des personnalités qui fabriquent cette revue et d’aborder le thème de la revue pour juin et juillet 2017: "Les insoumises contre la pensée unique".

"Elles ont entre 25 et 40 ans. Elles viennent d’horizons divers, de la gauche, de la droite et d’ailleurs. Elles dessinent les contours d’un courant de pensée encore informelle, mais assument un anti-progressisme décomplexé. Elles ont pour nom Bérénice Levet, Natacha Polony, Solange Bied-Charreton et Ingrid Riocreux. Les journalistes d’Eléments évoquent ce conservatisme au féminin et partagent, sur un ton résolument décalé, leurs coups de cœur mais aussi leurs coups de griffe."


En dernière partie d'émission, l'invité du Plus: Thibault Isabel, pour son livre Pierre-Joseph Proudhon, l'anarchie sans le désordre (préfacé par Michel Onfray) à paraître le 31 mai aux éditions Autrement.







Revue éléments n°166 est en kiosque et sur le stand du colloque Proudhon ce samedi 20/05Vous pourrez notamment y lire l'entretien que j'ai accordé sur "le retour de Proudhon" et mon article "Michel Onfray, lecteur de Proudhon"

sommaire du numéro d'Eléments
Des insoumises contre la pensée unique

L’élection présidentielle de 2017 s’est déroulée dans un climat lamentable de part en part et s’est achevée sur un face-à-face calamiteux. Au second tour, un candidat et une candidate s’affrontaient. Le premier a été élu par défaut, par des gens qui ne voulaient pas de lui, mais voulaient encore moins de son adversaire (le « barragisme », nouvelle dénomination du « vote utile »). Aucun enjeu civilisationnel n’a été abordé. Et pourtant, ce scrutin revêt un caractère historique.


Aucun des deux grands partis qui ont en alternance gouverné la France depuis près d’un demi-siècle n’a pu accéder au second tour. En France comme ailleurs, la vieille classe politique est discréditée, ce qui laisse prévoir une recomposition générale du paysage politique dans un climat plus ou moins convulsif qui débouchera sans doute sur des regroupements inédits. 



Les anciens grands partis éliminés au premier tour étaient aussi ceux qui étaient porteurs du clivage gauche-droite – ce qui leur permettait de mener alternativement la même politique – et aussi ceux qui étaient identifiés comme ses représentants. À l’inverse, les deux finalistes avaient comme point commun de ne pas se définir par rapport à lui et de ne pas voir dans le couple gauche-droite l’alpha et l’oméga de la politique. Ils étaient en ce sens le miroir l’un de l’autre. L’un opposait les « conservateurs » aux « progressistes », l’autre les « patriotes » aux « mondialistes », mais c’était la même chose. Conçu à l’intention des classes moyennes, qui sont en train de s’effacer, le clivage gauche-droite constituait un axe horizontal qui est aujourd’hui remplacé par un axe vertical. Il réapparaîtra peut-être à l’avenir, mais ce sera avec un autre contenu. 



Cette élection a également fait réapparaître un clivage de classe que certains croyaient disparu. « Le clivage de classes aura rarement été aussi net », observe Régis Debray. D’un côté, les hauts et très hauts revenus, les élites appartenant à la Caste, les cadres supérieurs et la grande bourgeoisie, les « auto-entrepreneurs » et les bobos, de l’autre les revenus bas ou modestes, les chômeurs, les ouvriers et les agriculteurs, les couches inférieures des classes moyennes, tous ceux qui ne vivent plus là où se créent les emplois et s’accumule la richesse. D’un côté, les habitants des grandes métropoles, de l’autre la « France périphérique » des villes moyennes, des zones péri-urbaines désindustrialisées et des communes rurales. D’un côté, les « planétaires », tenants d’une France open space « ouverte sur le monde », la main sur le portefeuille quand ils chantent l’hymne national, de l’autre un peuple désireux de perpétuer son patrimoine immatériel, de conserver sa sociabilité propre et de rester souverain sur les conditions de sa reproduction sociale. Les gagnants et les perdants de la mondialisation. Le « parti de demain » et le parti de toujours. Les « people » et le peuple.



Grâce à cette élection, la classe dominante reconstitue son unité politique contre « ceux d’en bas », derrière les marcheurs du marché, followers et majorettes, menés par un enfant-roi télévangéliste dépourvu d’affects, mais impatient d’instaurer définitivement la société liquide dont rêve la communauté financière qui l’a adoubé. 



La France n’est pas seulement divisée, fragmentée, coupée en deux. Elle se compose d’individus et de groupes sociaux qui ne vivent pas la même réalité, qui ne voient pas les mêmes choses, qui ne respirent pas le même air et ne parlent pas le même langage. La France d’en haut et la France d’en bas sont devenues également étrangères au « vivre ensemble ». Elles ne vivent même plus côte-à-côte. Elles vivent face à face. Le rôle normal du politique est de produire du commun, d’organiser un espace commun. Mais le politique a oublié sa vocation naturelle. Plus on parle de « société inclusive », plus la fragmentation progresse. 



Le seul mérite de cette situation est d’éclaircir les fronts. On sait mieux désormais qui se fait face : les libéraux et les antilibéraux. On sait aussi que la misère sociale, la frustration, la défiance et la colère sont là et qu’elles vont encore s’étendre. Un feu s’est allumé, prêt à enflammer la plaine. Quelque chose bout dans la marmite. Toute la question est de savoir quand elle explosera. Et qui profitera de l’explosion.
Au sommaire du N°166 d'Eléments

Dossier : le conservatisme au féminin

• Rencontre avec Bérénice Levet
• Les insoumises : En marche !
• Entretien avec Eugénie Bastié, Solange Bied-Charreton, Natacha Polony et Ingrid Riocreux
• Marcela Iacub, pour le meilleur et pour le pire
• Interview de Marion Maréchal-Le Pen : « gagner avant tout le combat culturel »

Et aussi...
• Emmanuel Macron, uber-président
• La droite buissonnière
• L’AfD ou les spécificités du populisme allemand
• On a retrouvé les Indo-Européens
• Entretien avec Thibault Isabel : le retour de Proudhon
• Michel Onfray, lecteur de Proudhon

• Jean-François Davy, un vrai cinéma populiste
• Vladimir Dimitrijevic, le feu sacré du verbe
• Georges Hyvernaud, l’ivrogne et l’emmerdeur
• Ce que penser veut dire, le dernier livre d'Alain de Benoist
• Dernières rencontres avec Armand Gatti
• Matthew B. Crawford, le philosophe et les motos...

6.90 euros